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Témoignages

Dans cette rubrique, découvrez les témoignages des usagers qui reçoivent des services du CRDM-IU. À travers leurs lectures, vous comprendrez pourquoi il est si important pour notre Fondation de continuer à soutenir financièrement ces programmes et d'aider ces personnes à reprendre le contrôle de leur vie, loin des dépendances.


 « J’ai commencé à soigner mes problèmes de dépendance en 2014 mais je suis entré au Volet scolaire le 16 novembre 2015. Je me souviens encore très bien de ce jour précis car c’est le premier jour de ma nouvelle vie ! Mes problèmes de dépendance sont dus à une consommation de cannabis, uniquement. Si, pour certains consommateurs, elle pourrait paraître dérisoire, une petite dose, me concernant, me donne les mêmes effets que quelqu’un qui en consommerait 10 fois plus que moi.

volet scolaireLa première fois que j’ai commencé à consommer, j’avais 16 ans, j’étais dans une impasse relationnelle avec ma mère et j’ai rencontré une fille pour qui j’avais un crush, dans les cadets. Elle fumait du « pot » et, au début, je ne voulais rien savoir de cela, ironie du sort... Pour moi, quelqu’un qui consommait c’était un junkie. Mais finalement, un jour, je me suis laissé tenter, je me suis dit « comment être contre quelque chose qu’on n’a jamais essayé ». J’ai essayé histoire de savoir ce que c’était. La première fois que j’ai fumé, c’était assez banal. L’effet a grandi de façon exponentielle avec le temps, une faible quantité a un grand effet sur moi. Cela a littéralement anesthésié mon mal être, pendant une heure. Je ne pensais plus aux problèmes avec ma mère ni aux problèmes d’intimidation que je subissais à l’école.

(...) J'ai été placé en foyer de groupe à 17 ans (...)

Non seulement, d’un seul coup, j’avais des amis avec qui je fumais, mais en plus je m’évadais de ma situation familiale. D’une heure, j’ai voulu avoir cette sensation pendant deux heures, puis trois, etc. Je me souviens très bien de ce qui me plaisait le plus : j’écoutais de la musique, je me mettais dans mon lit, sous mes couvertes et je faisais un véritable voyage astral. Je partais loin des problèmes, loin de cette vie que je voyais comme un enfer. En commençant à consommer, j’appartenais enfin à un groupe, je n’étais plus intimidé et avec ma mère, cela avait l’effet d’un plaster. À ce moment de ma vie, consommer est apparu comme la solution à tous mes problèmes. Du haut de mes 16 ans, je n’avais rien connu de plus merveilleux que l’état de transcendance dans lequel ça me mettait.

Il faut dire aussi que l’école n’a jamais été facile pour moi, sur le plan social comme académique. Petit à petit, plus ma consommation s’intensifiait, plus je commençais à décrocher, doucement mais sûrement. D’un joint par jour, c’est devenu plusieurs. C’est devenu indispensable dans ma vie et je ne prenais même plus la peine d’aller à l’école. Les relations familiales se détérioraient tellement que j’ai été placé en foyer de groupe à 17 ans, puis en auberge du cœur un peu avant ma majorité. C’est d’ailleurs dans une de ces auberges que j’ai rencontré un usager du Centre qui m’a parlé des services et de l’aide qu’il recevait. C’était la première fois que j’en entendais parler. Mais je n’ai pas tout de suite fait la démarche d’aller chercher de l’aide. J’y suis allé pas à pas, mais le temps passait et les semaines sont devenues des mois. J’étais aussi instable au niveau du logement et mon anxiété était telle que je m’enfermais même dans ma garde-robe, je ne me sentais et n’étais pas du tout fonctionnel. C’est là que j’ai demandé à intégrer le service du RIJ (réadaptation interne jeunesse). J’y ai passé deux mois et j’ai commencé à moins consommer, à me désendetter peu à peu, puis, à la fin du séjour, je suis entré à l’Escale Notre-Dame, qui s’adresse spécifiquement aux jeunes hommes entre 18 et 35 ans, aux prises avec des problèmes de dépendance. Dans la réalité, ce sont essentiellement des hommes de 30 à 45 ans et j’étais le plus jeune. Je voyais ces hommes plus âgés, complètement perdus et marginalisés, sans situation stable, etc. J’ai réalisé ce jour-là que je ne voulais pas en être là dans 10 ans, toujours au même point, voire pire. J’ai eu une vraie prise de conscience et dès ce jour, j’ai tout mis en œuvre pour reprendre ma vie en mains. Deux jours après avoir terminé ma thérapie, j’intégrais le Volet scolaire 17-24 ans. J’en avais entendu parler quelques mois plus tôt mais je n’étais pas prêt. Là, c’était le moment, j’avais cette volonté de m’en sortir. De ce jour, je n’ai plus rien consommé et je me suis concentré sur mes études. Je m’estime très chanceux dans mon parcours car dès que j’ai voulu reprendre le contrôle de ma vie, toutes les ressources ont été là. Je me suis vraiment senti soutenu dans les différentes étapes de ma démarche en réadaptation.

Chaque matin (...) quand je me lève et que je manque de motivation, je regarde ce diplôme fièrement acrroché sur mon mur (...)

Le Volet scolaire est le programme qui m’a permis de reprendre confiance en moi, en mes capacités. Il a été comme un intermédiaire parfait. Quand on a connu des échecs sur le plan scolaire, ce n’est pas toujours évident de trouver la motivation. Mais avec le Volet scolaire, aucun de nous n’est jugé, on nous valorise, on va à notre rythme et c’est le milieu parfait pour se concentrer et apprendre ou réapprendre à étudier. À la rentrée de septembre, je vais intégrer un DEC en systèmes ordinés au Cégep Maisonneuve. Cela aurait vraiment été impossible pour moi sans le Volet scolaire : je n’avais pas le niveau, j’étais quadrupleur en math, des difficultés en physique et j’aurais eu trop peur de me retrouver avec tant de monde, peur d’être intimidé de nouveau. Aujourd’hui, je vis cette nouvelle étape de ma vie avec beaucoup plus de sérénité, je sais que j’en suis capable, les succès à mes examens me donnent confiance. Chaque matin, quand je me lève et que je manque de motivation, je regarde ce diplôme d’études secondaires fièrement accroché sur mon mur et ça me donne l’envie de continuer. C’est une telle fierté pour moi d’avoir ce diplôme, c’est mon levier de motivation pour chaque chose que j’entreprends dans ma vie. Rien n’est impossible et il n’est jamais trop tard pour se reprendre en mains et réussir. Je n’ai pas de mots pour décrire ma reconnaissance envers mon enseignante, mes intervenants et la Fondation qui finance ce programme. Merci la Fondation. Si aujourd’hui, j’en suis là dans ma vie, c’est grâce au Volet scolaire. Si seulement plus de jeunes pouvaient en profiter… Il faut que le projet continue car des François il y en a d’autres et chacun mérite d’avoir l’opportunité qui m’a été offerte, celle d’avoir une deuxième chance. »

François, 20 ans, étudiant au Volet scolaire 17-24 ans



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